L’auteur

Observer un endroit, en saisir les traces du quotidien

Je pratique la photographie en alternant procédés argentiques et numériques, avec un intérêt particulier pour le rendu et la matérialité de l’image.

Mes séries naissent souvent d’une observation patiente d’un lieu. Plutôt que de rechercher des scènes spectaculaires, je m’attache aux détails, aux traces et aux gestes qui racontent la vie quotidienne.

Mon livre consacré au port du Guilvinec s’inscrit dans cette démarche : revenir plusieurs fois au même endroit pour tenter d’en saisir l’atmosphère et les moments ordinaires.

Pierre-Alexandre COÏC

Mon histoire

La photographie fait partie de mon environnement depuis l’enfance. J’ai grandi entre les appareils argentiques de mon père, les appareils jetables des vacances et les premiers souvenirs de laboratoire photo lors d’un stage de développement à la MJC. Bien avant de penser à en faire une démarche artistique, l’image était déjà là, de manière simple et quotidienne.

Mon père pratiquait surtout la macrophotographie. Ma mère, de son côté, a suivi une option photographie au lycée et remporté un premier prix ayant donné lieu à une exposition dans son établissement, même si ses tirages ne lui ont malheureusement jamais été restitués. Ma grand-mère maternelle photographiait déjà dans les années 1950 et 1960 avec un Semflex.

Pour ma part, c’est surtout dans les années 2000, lorsque mes parents m’offrent un Nikon D5000, que je commence à pratiquer la photographie de manière plus sérieuse. Pendant plusieurs années, je me concentre avant tout sur la technique : comprendre la lumière, maîtriser les réglages, expérimenter. Une étape essentielle, avant que le regard personnel ne prenne progressivement plus de place avec le temps et l’expérience du terrain.

Entre 2020 et 2023, je réalise mes premières séries dans un contexte de reportage événementiel local pour le magazine associatif Kactus le Mag, notamment à travers la couverture photo de concerts au Novomax à Quimper et de soirées stand-up organisées par le Daylire Comedy Club. Cette période m’apprend à travailler dans l’instant, à observer rapidement une scène et à chercher une image vivante plutôt qu’une image parfaite. J’y découvre aussi cette tension particulière de la photographie de terrain : rester attentif en permanence, attendre qu’un regard, une lumière ou un geste fasse basculer une scène vers une image qui transmet réellement quelque chose.

L’hiver 2025-2026 marque un véritable tournant. Pendant plusieurs mois, je photographie le port du Guilvinec presque quotidiennement. Cette série devient le point de départ de mon premier livre auto-édité, regroupant cinquante photographies réalisées entre janvier et mars 2026. Ce travail représente une étape importante : celle où la photographie cesse d’être uniquement une pratique technique ou documentaire pour devenir une manière plus personnelle de regarder un territoire, ses ambiances et ceux qui l’habitent.

Crédit photo ©Kristian Gonidec